Ce matin avec ma femme et ma fille, nous sommes partis
voter,
enfin surtout ma femme et moi vu que Margot à tout juste un an.
Là, dans l’enceinte du bureau de vote numéro 306 de Saint Jacques,
je me retrouve nez à barbe
avec celui que depuis mes 14 ans je nomme « Fidel ».
Fidel est un gars
stupéfiant, depuis toujours je le croise régulièrement dans les rues de Clermont-Ferrand, toujours habillé de la même manière, un
marcel, un short court, un sac à dos, une casquette style révolutionnaire
cubain, une barbe hirsute et un petit chien qui le suit tant bien que mal.
En gros nous avons affaire ici au Forest Gump Clermontois,
qui par tous les temps,
pluie, neige, soleil, pratique la marche rapide la
barbe au vent.
Le nombre de fois ou j’ai voulu l’aborder pour lui demander son nom et pourquoi il faisait ça
est aujourd’hui incalculable. Qu’est-ce qui pousse un homme du jour au
lendemain à ne porter plus qu’un short, à libérer son système pileux de manière
totalement anarchique
et à marcher pour
le reste de sa vie ? Sûrement un chagrin d’amour où alors,
le gars était
communiste jusqu’au bout des doigts de pieds,
à la manière d’un fan de Dalida,
et il n’aurait pas pu supporter la mort du Che,
ce qui pourrait signifier qu’il
court depuis 1967 sans s’arrêter !
Et son chien, le pauvre, sûrement très peu politisé qui, malgré tout,
doit faire 30/40 km par jour ,
tout ça pour porter le deuil d’un
révolutionnaire Cubain un peu trop ambitieux.
Donc, ce matin, faisant la queue devant l’urne, qui se
trouve devant moi ?
Fidel, et du coup après le contrôle d'usage par les administrés je met un prénom et un nom de famille sur
Fidel, Jean-François !!! comme si, d’un coup,
on arrachait le masque de Zorro, ou le slip de Superman.
on arrachait le masque de Zorro, ou le slip de Superman.
Encore un bout d’enfance qui s’envole ou plutôt qui part
en marche
rapide sous la neige avec juste une casquette et un marcel.
